Codex, Codes, CodeX² : recherche et expérimentation graphique

L’intérêt par les relations entre le livre et les nouveaux médias remontent à une recherche réalisée dans mes années de DEA (Master) à l’Université de Paris 8 avec le mémoire « Codex, codes, codeX² : Étude sur la conception graphique des livres après l’arrivée de nouvelles technologies ».

Recherche académique

Cette recherche s’interrogeait sur l’influence de l’interactivité dans la mise en page des livres. Comment transposer certains principes et fondamentaux du réseau, des dispositifs interactifs sur l’encre et papier? Quels les limites et moyens pour réaliser ce conversion de langage interactif en graphique.

À côté de la rédaction du mémoire et de sa discussion théorique, il a été l’occasion de faire une autre discussion, plus « graphique » pour accompagner les questions soulevées.

Expérimentation graphique (extrait)

Parmi les notions plus élémentaires des nouveaux médias, il y a  celle du lien. On lie un point à l’autre à travers un geste (un click, par exemple). Ces expérimentations bien évidement, ce sont dirigées dans le sens de la recherche. Il fallait trouver des métaphores graphiques pour traduite la notion de lien.

Le geste (l’action de cliquer, par exemple) ne produit pas forcement une relation graphique entre les deux contenus reliés. Certes, il existe des systèmes, des sites animés qui fonctionnent ainsi, mais ce n’est pas le standard du web. Dans la majorité des cas, la perception d’un lien n’est pas une image, elle se traduit dans le temps d’attente après le déclenchement gestuel du lien.

Codex, Codes, CodeX² : comment relier deux poins sur un documet papier?

Comment relier les points éparpillés dans un texte, séparés par les pages d’un livre ?

 

Il fallait donc, traduire le geste/temps dans une image pour connecter deux contenus dans une mise en page d’un livre. Pour esquisser une représentation graphique capable de representer la dimension interactive du lien, j’ai proposé les deux solutions suivantes :

A) Un “lien perforateur”

Une des propositions serait de tracer une ligne directe entre les deux points (établis dans des pages distinctes).  Cette ligne, malgré la représentation dans l’image ci-dessous, ne serait jamais vue entièrement. Elle ne pourrait être reconstituée que par les petits fragments laissés sur chacune des pages qui séparent les deux points. La ligne, le lien, ne pourrait être perçu q’au bref moment en que le lecteur feuillette le document.

 

Codex, Codes, CodeX² : le lien perforateur

Plusieurs liens mis en place sur une seule édition joueraient donc une chorégraphie de points sur l’ensemble de pages. Sa saturation pourrait compromettre la lisibilité du texte, mais certainement produirait un effet visuel unique. Plus que esthétique ce condensé de points révélerait quelque chose d’ordre invisible jusqu’à présent sur les éditions: cela rendrait visible une visualisation d’interconnexions existantes dans une édition.

B) La Marge-RAM

Une autre solution envisageable serait d’effectuer le trajet d’un point à l’autre en passant par la marge du livre. C’est une idée plus complexe, mais qui rendrait possible un certain nombre de connexions sans nuire la lecture du texte présent dans la page.

Cela fonctionnerait à l’instar des flipbooks: le feuilletage rapide des pages anime dans la marge de la page la progression du téléchargement du lien. L’idée de temps d’attente est donc matérialisée graphiquement dans cet intervalle d’espace/image. La marge-RAM  « calcule » l’affichage de chaque lien.

Codex, Codes, CodeX² : la marge-ram

Codex, Codes, CodeX² : la marge-ram

Le “délai” d’attente pour accomplir la tâche est montré sur une barre de progression… avec le pourcentage du chargement du lien.

 

On observe que pour ces deux propositions de mise en page les images n’ont aucune valeur de manière statique. Le simple fait de regarder une double page ouverte sur une de ses pages n’affecte pas le lien.  Le geste, indispensable au lien, se fait necessaire aussi sur la version papier.

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Un petit site, dédié à cette production a été publié à l’occasion de sa soutenance, en 2005. Il n’est pas complet, comme la plupart des sites réalisés sur Flash® non dynamique… mais on y peut avoir un léger aperçu.

Un doctorat pour approfondir le sujet a été lancé, mais mis en pause pour l’instant.
À suivre…

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